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Chateaubriand ( 1768-1848 ) |
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Baudelaire - Chateaubriand - Victor HUGO : l' homme et l' oeuvre ; Les contemplations - Lamartine
" les mémoires d' outre-tombe ". ( autobiographie ) ( Extraits divers ) : " Le souper fini et les quatre convives revenus de la table à la cheminée , ma mère se jetait , en soupirant , sur un vieux lit de jour de siamoise flambée ; on mettait devant elle un guéridon avec une bougie . Je m' asseyais auprès du feu avec Lucile ; les domestiques enlevaient le couvert et se retiraient . Mon père commençait alors une promenade , qui ne cessait qu' à l' heure de son coucher . Il était vêtu d' une robe de ratine blanche , ou plutôt d' une espèce de manteau que je n' ai vu qu' à lui . Sa tête , demi-chauve , était couverte d' un grand bonnet blanc qui se tenait tout droit . Lorsqu' en se promenant il s' éloignait du foyer , la vaste salle était si peu éclairée par une seule bougie qu' on ne le voyait plus ; on l' entendait seulement encore marcher dans les ténèbres ; puis il revenait lentement vers la lumière et émergeait peu à peu de l' obscurité , comme un spectre , avec sa robe blanche , son bonnet blanc , sa figure longue et pâle . Lucile et moi , nous échangions quelques mots à voix basse , quand il était à l' autre bout de la salle ; nous nous taisions quand il se rapprochait de nous . Il nous disait , en passant : " De quoi parliez-vous ? " Saisis de terreur , nous ne répondions rien ; il continuait sa marche . Le reste de la soirée , l' oreille n' était plus frappée que du bruit mesuré de ses pas , des soupirs de ma mère et du murmure du vent ..." " Le ciel était-il serein ? je traversais le grand Mail ( futaie près du château ) , autour duquel étaient des prairies divisées par des haies plantées de saules . J' avais établi un siège , comme un nid , dans un de ces saules : là , isolé entre le ciel et la terre , je passais des heures avec les fauvettes ; ma nymphe était à mes côtés . J' associais également son image à la beauté de ces nuits de printemps toutes remplies de la fraîcheur de la rosée , des soupirs du rossignol et du murmure des brises ..." " Un caractère moral s' attache aux scènes de l' automne : ces feuilles qui tombent comme nos ans , ces fleurs qui se fanent comme nos heures , ces nuages qui fuient comme nos illusions , cette lumière qui s' affaiblit comme notre intelligence , ce soleil qui se refroidit comme nos amours , ces fleuves qui se glacent comme notre vie , ont des rapports secrets avec nos destinées ..." Chateaubriand : portrait par Girodet . lien vers un site où vous trouverez des infos sur Chateaubriand : http://www.asteria.fr/mont.htm
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