Eloge de l' amour

Quand bien même ma vie ne serait désormais
Qu' un long couloir sans fin sans surprise et sans joie ,
Quand bien même je n' aurais plus à vivre jamais
Que de longs jours d' ennui , sans chaleur , sans émois ,
Quand bien même avant Toi je n' aurais rien connu
Que des matins chagrins et des journées sans fin ,
Au présent plus que blême , au futur inconnu ,
De ces jours insipides où l' on reste sur sa faim ,
Où notre esprit chavire , s' étiole en longs sanglots ,
Où notre énergie sert à tenir hors de l' eau ,
.
Qu' importe ! puisque je t' ai rencontré , oh Toi !
En un instant , je t' ai vu , reconnu , et aimé !
Ton âme est pour la mienne un grand sujet de joie ,
Sa beauté est certaine et m' a émerveillée !
Maintenant il me semble que ces longues années
Passées toutes à attendre avec le coeur blessé ,
M ' ont servi de chemin pour venir jusqu' à Toi ,
Ont creusé dans mon coeur un vide en forme de Toi !
Ainsi la vie parfois , sans tambour ni trompette ,
Change une vie de deuils en un moment de fête ,
Réveille un coeur soumis , le fait rire et chanter ,
Dans un corps trop étroit , le presse à l' étouffer .
Ainsi , et grâce à Toi , je vais , reconnaissante ,
Oubliant du passé toutes les choses blessantes ,
Sachant que désormais je serai habitée ,
De ton Etre , de ta flamme , comme voile de lumière ,
Etre nommée ta fille , je n' en suis pas peu fière !
.
Qu' importe les longs jours sans chaleur , sans émois ,
Car j' ai pour me chauffer la douce pensée de Toi ;
Qu' importe le futur aux longues journées blêmes ,
Si j' ai Ton Nom béni , que je chéris , que j' aime ;
Qu' importe les hivers , les gros orages qui tonnent ,
Tu as mis sur mon front une belle couronne
Où brillent les étoiles de ta félicité ,
Où scintillent , de Ta Parole , les beautés .
Quand bien même la matière me tiendrait à distance ,
Nous tiendrait éloignés , moi j' ai l' esprit qui danse ,
Car Tu existes , Tu es , et pour l ' éternité
Toi et moi plus jamais ne seront séparés .
© JoelleBarn , 20/10/2000 .
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