L ' enfermement de la victime

.

.

;

 

.

Faire le deuil de quoi que ce soit est toujours difficile .

Y  compris le deuil d' une chose qui vous détruit , et peut-être même surtout ! car faire un deuil suppose que tout est réglé , qu' il ne reste rien en attente .

Pour une victime innocente , rien n' est jamais réglé : elle ne se sent jamais comprise , ni consolée , ni ne reçoit jamais de réparation à hauteur de sa blessure .

C' est pourquoi elle n' arrive pas à se libérer . Elle ressasse sans cesse son vécu et ses questionnements .

Une chose qu' on ressasse garde la première place dans sa tête , toute la place parfois , elle donne des angoisses , empêche d' aller de l' avant , de vivre dans le présent , d' avancer .

Ainsi la victime tourne en rond , solitaire , enfermée dans sa douleur .

Pour se libérer , il faut arriver à minimiser ce vécu pour donner priorité à autre chose .

Mais il est difficile d' accepter l' idée que l' on ne peut pas expliquer le mal sur la terre , que personne , ni les philosophes , ni les prophètes n' ont trouvé la réponse à ce mystère ; difficile aussi d' accepter l' idée que le destin peut frapper injustement , ce qui permettrait pourtant , peut-être , de cesser de culpabiliser , en se cherchant une responsabilité dans ce qu' on a subi .

Lorsqu' on dit " délivres-nous du mal " dans le " Notre Père " , on peut comprendre " aides-nous à ne pas faire le mal " , mais aussi " libères notre esprit des effets rongeurs du mal subi " .

                                  © JoelleBarn , 24/05/2001 .

                                                     fond de Teah