J' ai fait un rêve

J ' ai fait un rêve étrange et magnifique

Semblant tout droit issu d' un univers magique .

Tout semblait là-bas avoir été crée

Pour se plier toujours à notre volonté .

Regardant l' épine , on la faisait rentrer

Dans la tige et touchait la fleur sans se piquer .

L ' éclair plus jamais ne touchait un humain :

Par volonté on le détournait de son chemin .

L ' animal effrayé , on le rassurait si bien ,

Qu' il venait nous lécher dans le creux de la main .

Le temps semblait n' avoir de prise sur rien .

L ' air était sur toute chose si pur et si serein !

L a brise fraîche et douce comme un frôlement d' aile

Et les fleurs qui souriaient , comme elles étaient belles ,

A l ' ombre de grands arbres chuchoteurs et câlins !

C ' était un éternel et calme beau matin .

Un ruisseau paressait au milieu de jasmins ,

Des oiseaux voletaient et chantaient leurs refrains .

Tous avaient le visage éclairé de sourire ,

Et leurs yeux vers le ciel n' élevaient ni soupirs

Ni révolte , ni questions , ni même aucun chagrin ,

Car tous sans exception semblaient se porter bien .

*

Après avoir longtemps en ces lieux musardé ,

Me gavant le regard de toutes ces merveilles ,

Je me vis ramenée à la réalité .

Après le paradis perdu , quel dur réveil !

Partout alentour il n' y a que cris sourds ,

Calomnies , trahisons , fausseté , coeurs lourds ,

Maladies , agressions , pauvreté , chagrins .

O Dieu ! qu' as-tu fait de l' homme , de son destin ?

Regardes ces braves gens au coeur sur la main :

Face à tant de malheurs que pourraient-ils donc faire ?

Ils ne demandent qu' à pouvoir faire du bien

Mais ils sont submergés par autant de misères ,

Et celle-là dont la soeur se tord dans la douleur,

Qui ne peut même pas lui en prendre une partie ?

Qu' est-ce donc que l' amour s' il n' a pour seuls outils

Que quelques paroles pour offrir sa chaleur ?

*

Que sais-tu de votre destin ? et la parole ,

Ne la sous-estimes pas . On dit qu' elle s' envole ,

C' est pourtant grâce à elle que J ' ai crée la terre ,

Et Je lui ai donné pouvoir sur la matière .

Si l' homme avait choisi de rester avec Moi ,

Il ne connaîtrait pas tous ses tristes tracas .

Il ouvrit un livre et dit : " lis , tu comprendras " .

Et je vis racontée l' histoire toute entière

Du premier homme jusqu' à la fin de la terre .

Lors je vis défiler toute l' humanité ,

Dans un très beau jardin tout d' abord installée ,

Je la vis dans sa chute et dans ses retombées .

Quand elle fut par terre , couchée dans son désastre ,

Je vis se lever , brillants comme des astres ,

Des hommes qui voulaient suivre les pas de Dieu .

J' ai retenu mon souffle , écarquillé les yeux :

Je les vis tous de leur parole contrer le sort ,

Commander aux flots , à la maladie , la mort !

Elie , Elysée , Moïse , Jésus , et d' autres ,

Des prophètes , des bergers , des pécheurs , des apôtres .

Enfin Il m' a conduite dans un petit endroit

Où je vis , stupéfaite , des hommes comme ceux-là .

Et je vis le miracle habiter dans ces lieux ,

Et ces hommes et ces femmes tous habités de Dieu .

Ici j' ai connu ce que consacré veut dire ,

Mais je n' ai pas de mots assez forts pour le dire .

J ' ai connu Son bonheur , Sa paix , et Ses rires .

*

Mais hélas dans le monde je me fis étourdir ,

Pourtant longtemps encore Il resta avec moi .

Un jour je me sentis toute deshabitée ,

C' était de ma faute , je L ' avais négligé .

Aujourd' hui je soupire et réclame après Lui ;

De moi seule tout dépend , et je ne suis pas fière ;

Je sais que je n' ai plus le droit d' être en colère ;

Puissé-je refaire le chemin jusqu' à Lui !

                               © JoelleBarn , 27/10/2000 .

fond crée à partir d' une image de Cicely Mary Barker , trouvée sur le site de DFairystar

Prenant le temps de lire mon courrier, quelle merveille découvrais-je caché au coeur d'une âme aux inspirations célestes.  Quelle sagesse et quelle maturité emprunte de réflexion !  Pardonnez-moi mes élants mais je dis toujours ce que je pense.
Merci Joelle pour ce texte.

M.

*