Extraits du livre de Job .

( la sagesse , l' hippopotame , le léviathan ...)

 

 

v7    Il étend le septentrion sur le vide , Il suspend la terre sur le néant .

v8    Il renferme les eaux dans ses nuages , Et les nuages n' éclatent pas sous leur poids .

v9    Il couvre la face de son trône , Il répand sur lui sa nuée .

v10   Il a tracé un cercle à la surface des eaux , Comme limite entre la lumière et les ténèbres .

v14   Ce sont là les bords de ses voies , C' est le bruit léger qui nous en parvient .    

chap28

v12   La sagesse , où se trouve-t-elle ? Où est la demeure de l' intelligence ?

v13   L' homme n' en connaît point le prix ; Elle ne se trouve pas dans la terre des vivants .

v14   L' abîme dit : Elle n' est point en moi ; Et la mer dit : Elle n' est point avec moi .

v15   Elle ne se donne pas contre de l' or pur , elle ne s' achète pas au poids de l' argent ;

v18   Le corail et le cristal ne sont rien auprès d' elle : La sagesse vaut plus que les perles .

v19   La topaze d' Ethiopie n' est point son égale , Et l' or pur n' entre pas en balance avec elle .

v20   D' où vient donc la sagesse ? Où est la demeure de l' intelligence ?

v21   Elle est cachée aux yeux de tout vivant , Elle est cachée aux oiseaux du ciel .

v23   C' est Dieu qui en sait le chemin , C' est lui qui en connaît la demeure ;

v24   Car il voit jusqu' aux extrémités de la terre , Il aperçoit tout sous les cieux .

v25   Quand il régla le poids du vent , Et qu' il fixa la mesure des eaux ,

v26   Quand il donna des lois à la pluie , Et qu' il traça la route de l' éclair et du tonnerre ,

v27   Alors il vit la sagesse et la manifesta , Il en posa les fondements et la mit à l' épreuve .

v28   Puis il dit à l' homme :

        Voici , la crainte du Seigneur , c' est la sagesse ; S' éloigner du mal , c' est l' intelligence .

chap37  

v16   Comprends-tu le balancement des nuées , Les merveilles de celui dont la science est parfaite ?

chap38 ( ici c' est Dieu qui parle à Job )

v4    Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le si tu as de l' intelligence .

v5    Qui en a fixé les dimensions , le sais-tu ? ou qui a étendu sur elle le cordeau ?

v6    Sur quoi ses bases sont-elles appuyées ? Ou qui en a posé la pierre angulaire ,

v7    Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d' allégresse ,

        Et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ?

v8    Qui a fermé la mer avec des portes , Quand elle s' élança du sein maternel ;

v9    Quand je fis de la nuée son vêtement , Et de l' obscurité ses langes ;

v10   Quand je lui imposais ma loi , Et que je lui mis des barrières et des portes ;

v11   Quand je dis : Tu viendras jusqu' ici , tu n' iras pas au-delà ; Ici s' arrêtera l' orgueil de tes flots ?

v12   Depuis que tu existes , as-tu commandé au matin ? As-tu montré sa place à l' aurore ,

v13   Pour qu' elle saisisse les extrémités de la terre , Et que les méchants en soient secoués ?

v14   Pour que la terre se transforme comme l' argile qui reçoit une empreinte ,                                                                             Et qu' elle soit parée comme d' un vêtement ;   

v16   As-tu pénétré jusqu' aux sources de la mer ? T' es-tu promené dans les profondeurs  de l' abîme ?

v17   Les portes de la mort t' ont-elles été ouvertes ? As-tu vu les portes de l' ombre de la mort ?

v24   Par quel chemin la lumière se divise-t-elle , Et le vent d' orient se répand-il sur la terre ?

v25   qui a ouvert un passage à la pluie , Et tracé la route de l' éclair et du tonnerre ,

v26   Pour que la pluie tombe sur une terre sans habitants , Sur un désert où il n' y a point d' hommes ;

v27   Pour qu' elle abreuve les lieux solitaires et arides , Et qu' elle fasse germer et sortir l' herbe ?

v28   La pluie a-t-elle un père ? Qui fait naître les gouttes de la rosée ?

v29   Du sein de qui sort la glace , Et qui enfante le frimas du ciel ,

v30   Pour que les eaux se cachent comme une pierre , Et que la surface de l' abîme soit enchaînée ?

v31   Noues-tu les liens des Pléiades , Ou détaches-tu les cordages de l' Orion ?

v32   Fais-tu paraître en leur temps les signes du zodiaque , Et conduis-tu la Grande Ourse avec ses petits ?

v33   Connais-tu les lois du ciel ? Règles-tu son pouvoir sur la terre ?

v34   Elèves-tu la voix jusqu' aux nuées , Pour appeler à toi des torrents d' eaux ?

v35   Lances-tu les éclairs ? Partent-ils ? Te disent-ils : Nous voici ?

v36   Qui a mis la sagesse dans le coeur , Ou qui a donné l' intelligence à l' esprit ?

v37   Qui peut avec sagesse compter les nuages , Et verser les outres des cieux ,

v38   Pour que la poussière se mette à ruisseler , Et que les mottes de terre se collent ensemble ?

chap40

v10   Voici l' hippopotame , à qui j' ai donné la vie comme à toi ! Il mange de l' herbe comme le boeuf .

v11   Le voici ! Sa force est dans ses reins , Et sa vigueur dans les muscles de son ventre ;

v12   Il plie sa queue aussi ferme qu' un cèdre ; Les nerfs de ses cuisses sont entrelacés ;

v13   Ses os sont des tubes d' airain , Ses membres sont comme des barres de fer .

v14   Il est la première des oeuvres de Dieu ; Celui qui l' a fait l' a pourvu d' un glaive .

v15   Il trouve sa pâture dans les montagnes , Où s' ébattent toutes les bêtes des champs .

v16   Il se couche sous les lotus , Au milieu des roseaux et des marécages ;

v17   Les lotus le couvrent de leur ombre , Les saules du torrent l' environnent .

v18   Que le fleuve vienne à déborder , il ne s' enfuit pas ; Que le Jourdain se précipite dans sa gueule , il reste          calme .

       version de Louis SEGOND .

 

chap40 ( le léviathan ou leviatân : bête fabuleuse . a été traduit par crocodile , bien qu' il évoque davantage ... un dragon !  )

v25   Hales-tu le Leviatân à l' hameçon , à la corde enfoncée sous la langue ?

chap41

v5    Qui découvre ses faces , sa vêture ? Qui franchit son double mors ?

v6    Les portes de ses faces , qui peut les ouvrir ? Autour de ses dents c' est l' effroi .

v7    L' orgueil du ruissellement de boucliers , fermés , étroitement scellés ,

v8    L' un dans l' autre imbriqués ; le souffle ne pénètre pas entre eux .

v9    L' un à l' autre collés , ils s' agglomèrent et ne se séparent pas .

v10   Ses éternuements s' auréolent de lumière , ses yeux semblables aux paupières de l' aube .

v11   De sa bouche émanent des torches ; des flammèches de feu s' en échappent .

v12   Une fumée jaillit de ses naseaux , comme d' un chaudron effervescent ou de scirpes .

v13   Son être flamboie de braises ; la flamme jaillit de sa gueule .

v14   En son col nuite l' énergie ; en face de lui , la mortification pirouette .

v15   Les fanons de sa chair collent , coulés sur lui , inébranlables .

v16   Son coeur est compact comme une pierre , compact comme meule gisante .

v17   A son irruption , les intrépides s' épouvantent , les brisants se dérobent .

v18   L' épée l' atteint sans se planter , la lance , la pique , le dard .

v19   Il compte le fer pour chaume ; pour bois pourri le bronze .

v20   L' archer ne le fait pas fuir ; les pierres de la fronde pour lui se changent en paille .

v21   La massue compte pour paille , et il se rit de la vibration d' une javeline .

v22   Il a sous lui des pointes de tessons ; il s' étale comme une herse sur le limon .

v23   Comme un chaudron il fait bouillonner le gouffre , et met la mer en potion .

v24   Derrière lui , le sillage irradie ; l' abîme s' énumère en sénescence .

v25   Nul sur la poussière n' est à son exemple , fait pour ne pas s' effarer .

v26   Il voit toute hauteur , lui , le roi de tous les fils de fauves .

version d' André CHOURAQUI

 

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chap26