Un traitement de la sclérose en plaques mis au point a Rennes
RENNES, 5 mai (AFP) - 17h50

Un nouveau traitement des formes sévères de la sclérose en plaques, mis au point sous la direction du professeur Gilles Edan, 47 ans, du Centre Hospitalier Universitaire de Rennes, vient de recevoir l'aval des autorités sanitaires américaines, a annonce vendredi le professeur.

La Food and Drug Administration (FDA) a autorise le 28 janvier la mise sur le marche américain de la mitoxantrone pour le traitement de la sclérose en plaques, sur la base de l'étude clinique coordonnée par le service de neurologie du CHU de Rennes. Cette molécule, connue depuis une quinzaine d'années, était surtout utilisée pour certaines formes de cancer, sein notamment.

"C'est la consécration de dix années de travail, mené en coopération avec les services de neurologie de la Pitié-Salpêtrière, a Paris et des CHU de Toulouse, Lyon et Bordeaux", a précisé le professeur Edan qui se garde bien de tout triomphalisme.

"Face a une maladie inflammatoire de ce type, on ne parle pas de  guérison mais de contrôle, sur une très longue période, et avec une médication évolutive, a indique le neurologue, et c'est en ce sens que nous allons poursuivre et amplifier nos travaux."

Pour faire le point, le praticien a recours a l'image des pompiers: "on peut arrêter la progression d'un incendie si l'intervention n'est pas trop tardive, mais on ne peut pas reconstruire ce qui a été détruit, le cerveau ou le tissu nerveux n'ayant pas la faculté de se régénérer."


expérience de traitement a la mitoxantrone: 90% de réussite

Pour le traitement mis au point, l' équipe de neurologues a associé l'action d'une molécule, la mitoxantrone, fabriquée aux Etats-Unis par les laboratoires Lederle, et l'utilisation de l'Imagerie par Résonnance Magnétique (IRM). Cette technique permet d'enregistrer toutes les poussées de la maladie, dont a peine un dixième est décelable par les moyens d'observation classiques.

Quarante deux patients, atteints d'une sclérose très active (plus de trois poussées par an) ont accepte de suivre pendant six mois le traitement, entre 1992 et 1995, sachant que la moitie d'entre eux recevraient des perfusions de mitoxantrone et l'autre de simples corticoïdes.

L'activité de la maladie a été éteinte chez 90 % des patients traites a la mitoxantrone, avec disparition des lésions actives et des poussées, et seulement chez 30% des malades du deuxième groupe. Après six mois de traitement, la mitoxantrone doit être interrompue, car elle pourrait provoquer a plus haute dose, par accumulation, des problèmes cardiaques, et est remplacée par de l'interféron béta.

Après publication de ces résultats en 1997 dans le "Journal of Neurology", une firme américaine, Immunex, a contacté le professeur Edan en lui annonçant son intention de demander a la FDA l'autorisation de mise sur le marche américain de ce produit, autorisation accordée le 28 janvier 2000, après une enquête approfondie.

En Europe, la demande d'agrément du médicament - qui est de toutes façons dans les pharmacies hospitalières - doit être examinée par l'agence européenne du médicament, a Bruxelles.

Quant au professeur Edan, il poursuit ses travaux, en liaison cette fois avec 15 centres hospitaliers français et plusieurs établissements italiens, pour tester de nouvelles molécules et des thérapies multiples. Il s'appuie sur un centre spécialisé dans le traitement de la sclérose en plaques, dependant du CHU de Rennes, et qui compte 1.623 patients.

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