Ts' ao P' ei ( 187-225 )

            I

Le vent d' automne siffle , siffle ,

Et fait fraîchir le temps .

I l secoue , il abat herbes et feuilles ;

Déjà la rosée gèle .

Un grand vol d' hirondelles nous quitte et rentre en son pays ;

Au Sud volent les oies .

Je pense à vous , ô lointain éxilé ;

La tristesse me brise...

Si la nostalgie vous assiège ,

Et l' amour du pays ,

Pourquoi , Seigneur , tant prolonger

Votre lointaine absence ?

Votre servante , solitaire ,

Garde sa chambre vide .

Je m' inquiète en pensant à vous ,

Comment vous oublier ?

A mon insu , mes larmes coulent ,

Mouillant mes vêtements .

Je prends mon luth , pince les cordes ,

Lance des notes claires ;

Mon chant reste court , ma voix basse :

Je m' arrête , sans force .

Un clair de lune éblouissant

Innonde notre lit .

Le fleuve d' Astres coule à l' Ouest ;

La nuit est encore noire .

Le Bouvier et la Tisserande

Se regardent de loin .

Avez-vous aussi mérité

Qu' un fleuve nous sépare ?

 

              II

I l est aisé de se quitter ,

Difficile de se retrouver !

Au loin , par-delà monts et fleuves ,

Routes interminables ,

L' angoisse au coeur , je pense à vous ,

Et je ne puis parler .

Je confie un mot aux nuages ;

I ls s' en vont sans retour .

Les larmes sillonnent mes joues ;

Ma beauté se flétrit .

Qui pourrait , accablé de peine ,

Retenir ses soupirs ?

Je me chante des vers à moi-même ,

Pour tenter de me consoler .

Mais la joie me quitte , et la peine

Vient me briser le coeur .

Je m' étends , obsédée ,

Sans trouver le sommeil .

Alors je me rhabille et sors ,

Marche de-ci de-là...

Je regarde les étoiles , la lune ;

J' observe les nuages .

Un oiseau chante dans l' aurore ;

Sa voix est pitoyable .

Je m' attarde , et désire , et souffre...

Je ne puis plus trouver la paix .

fond de mon amie Fred : merci ! :-)